Archive for août, 2009

Site incontournable…

posted by Alain Gagnon
août 31

Le site de Paul-André Proulx est un incontournable pour tous les friands de  littérature québécoise : chercheurs, lecteurs, auteurs actuels ou en devenir…  Je le laisse se présenter.

Qui suis-je ?

Je suis un professeur à la retraite, qui ai consacré une partie de ma carrière à la littérature québécoise. Je livre ici une partie de mes recherches et de mes lectures afin de vous indiquer des pistes susceptibles de combler vos attentes de lecteur.

Vous trouverez d’abord un recensement qui se veut le plus exhaustif possible de tous les auteurs du Québec qui ont fait publier une œuvre depuis 1998, à l’exception de quelques-unes, incontournables, parues antérieurement à cette année. Cette compilation se limite aux romans, nouvelles, contes et récits d’auteurs québécois et aussi d’auteurs francophones habitant les autres provinces du Canada. La bibliographie des œuvres est accompagnée du contenu de chacune.

Dans un deuxième temps, j’ai classé toutes ces œuvres, destinées au public adulte, selon les sujets abordés, les genres ou selon certaines particularités comme le lieu où se déroule l’action.

Finalement, j’ai commenté près de 500 œuvres pour lesquelles j’ai attribué des étoiles selon des critères personnels. Certains auront déjà lu quelques-uns de mes avis sur d’autres sites que je signais de l’un ou de l’autre des pseudonymes suivants : Libris Québécis ou Polo. J’ai regroupé ici tous mes commentaires afin de ne pas les éparpiller.

L’originalité de mon site vient du fait qu’il couvre l’ensemble de la production littéraire québécoise et qu’il indique les thèmes privilégiés des auteurs.

lien : http://www.litterature-quebecoise.com/

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L’auteure Dany Tremblay, dont le recueil de nouvelles fascinant (Tous les chemins mènent à l’ombre) sort en librairie, a bien voulu répondre à une version modifiée et abrégée du questionnaire de Marcel Proust.

1. Le principal trait de mon caractère :

Méticuleuse, mais également capable de vivre dans un milieu brouillon. Je n’en suis pas à une contradiction près.

2. La qualité que je préfère chez les autres :

La transparence (franchise).

3. Mon principal défaut :

Craintive.

5. Ma principale qualité :

Serviable.

6. Mon occupation préférée :

Écrire, ct’idée !

7. Mon rêve de bonheur :

Une maison au bord de la mer. Je n’en démords pas.dany

8. Quel serait mon plus grand malheur ?

Perdre la vue.

9. À part moi-même, qui voudrais-je être ?

Personne d’autre. Désolée de vous décevoir.

10. Le pays où j’aimerais vivre :

Mon pays de rêve, ce sont les bords de mer.

11. La couleur que je préfère :

Le rouge.

12. La fleur que je préfère :

Myosotis et fleur d’hibiscus.

13. L’oiseau que je préfère :

L’oiseau-mouche.

14. Mes auteurs favoris en prose :

Nous ne sommes pas sortis du bois. Je n’aime pas nécessairement l’œuvre entière d’un auteur, alors ça se complique un peu. En gros, je dirais : Thomas Bernhard, Margaret Atwood, Paul Auster, Marie-Christine Bernard, Christine Brouillet, Lise Tremblay, Robert Lalonde, Yvon Paré, Danielle Dubé, André Girard, Jean Pierre Girard, Élisabeth Vonarburg, Jean Alain Tremblay avec La nuit des Perséides, Alain Gagnon (non, je ne cherche pas à être têteuse comme diraient mes étudiants), Simenon, G. Marquez, Anita Bruckner, Milan Kundera, Céline, Romain Gary, Marguerite Duras, Francine D’Amour, Tolkien, F. Herbert, Henning Mankell, Doris Lessing, Sylvie Bérard. Ici, vous comprendrez que j’en oublie tout un pan. Et dernièrement, j’en ai découvert deux nouveaux qui m’ont séduite : Suzanne Myre (quelle nouvelliste géniale !) et Frédéric Gagnon. Je sais, ma liste est longue, et encore là, je me suis obligée à faire dans le bref.

15. Mes poètes préférés :

Sylvie Nicolas, Carol Lebel, France Mongeau, Jean Paul Daoust.

16.  Mes héros et héroïnes de fiction :

Le gladiateur dans le film du même nom. Ce personnage, par son intégrité, sa loyauté, sa droiture a déclassé tous les autres.

17. Mes musiciens ou chanteurs préférés :

Lorenna Mckennit, Daniel Bélanger, Daniel Lavoie, Florent Pagny, Peter Gabriel, Kitaro, Bjork, Pink Floyd et le Chœur polyphonique de la Malbaie (Charlevoix).

19. Mes peintres ou sculpteurs préférés :

Daniel Labelle, Armand Bergeron, Diane Tremblay (une amie d’enfance qui n’a, à ce jour, pas encore exposé), Botticelli. Il y a aussi les photos d’Alain Dumas.

20. Mes héros et héroïnes dans la vie contemporaine :

Tous ceux qui résistent et luttent contre les abus de toutes sortes et les tentatives de dictature, elles aussi de toutes sortes.

22. Mes héros et héroïnes dans l’histoire :

Même réponse que question précédente.

23. Ce que je déteste le plus :

L’hypocrisie, le manque de transparence, le paraître et faire le ménage.

24. Le personnage historique qui m’est le plus antipathique : Commode et aussi Hitler, même si ce dernier, paradoxalement, me fascine.

25. Le don de la nature que j’aimerais avoir :

Le don d’ubiquité.

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En 2010, les Éditions de la grenouille bleue auront le privilège de publier Fol allié, le roman de Patrick Dion.

Pat_coul_(2912x4368)Notice biographique

Patrick Dion est né à Montréal parce qu’au moment de sa naissance, il n’y avait pas d’hôpital dans la  grande banlieue lavalloise, où il a finalement passé son enfance. Depuis toujours, il aime toucher à tout. Il a été technicien, représentant, informaticien, sportif, comédien, guitariste, animateur à la radio, recherchiste à la télévision, journaliste et chroniqueur.

Pionnier de la blogosphère québécoise (il tient un blogue depuis 2002), il a conçu et animé l’émission littéraire radiophonique Mal de blog sur les ondes de CISM en 2005 et 2006. Il a également tenu, de juin 2007 à septembre 2008, une chronique sur l’univers des blogues sur le portail Branchez-vous.com. Il sévit toujours sur le guide des webtélés québécoises, WebTV Hebdo.

Un certain soir de l’été 2003, alors qu’il entamait Borderline de Labrèche, la déflagration se produisit. Incapable de contrer le flot d’idées qui s’échappait, il se leva de son lit, s’assit à l’ordinateur et écrivit durant plusieurs heures. Une trentaine pour être précis. Il venait de trouver sa voie.

La vie, l’art, les cultures, les voyages et la beauté avec un grand B l’inspirent, mais ses contemporains québécois ont aussi su nourrir son imagination. Marie-Sissi Labrèche, bien sûr, mais aussi Guillaume Vigneault, Patrick Brisebois ou encore Christian Mistral du côté de la littérature. Le cinéma de partout, mais particulièrement celui du Québec, le transporte. Des noms comme Charles Binamé, Philippe Falardeau, Robert Morin et Ricardo Trogi l’ont influencé ou continuent de le faire.

Le roman

À la suite d’une rupture amoureuse particulièrement difficile, Éric, jeune homme d’une trentaine d’années, revisite sa vie en flashbacks et tente de comprendre ce qui l’a amené à saccager volontairement ce grand amour.

Fol allié, c’est l’histoire d’un amour perdu et de la déchéance qui s’en suit. C’est la folie quotidienne des peurs et des douleurs à surmonter, des longues minutes à essayer d’y comprendre quelque chose, des jours à en baver à mettre un pied devant l’autre.

Fol allié, c’est un roman sur l’autodestruction, sur les moyens que l’on prend parfois pour pulvériser le bonheur quand la vie est trop belle pour être vraie. C’est un cri d’enfant blessé, un exorcisme de démons intérieurs tenaces, une histoire de regrets amers, d’avancées à coups d’essais et erreurs. Mais c’est aussi une histoire bercée de complicité, soufflée de passion amoureuse, teintée d’humour noir, jaune, bleu et mauve et portée par une évidente fureur de vivre.

Les blessures d’amour masculines auront rarement été mises en mots de cette façon dans la littérature québécoise. Patrick les peint ici en noir et rouge et le résultat choque, fait rire, bouleverse et émeut. Les amateurs d’émotions fortes et d’intensité y trouveront leur compte. Fol allié, c’est un style cru, direct et sans gants blancs. C’est une joute où s’amusent les mots, un échange qui interpelle directement le lecteur, jusqu’à la toute dernière ligne.

Réponses à une version abrégée et modifiée du questionnaire de Proust

1. Le principal trait de mon caractère :

Le trait d’union. Ou le très drôle. Mais non, je rigole (vous avez pas fini). OK, un peu de sérieux (juste un peu). Je vais dire l’humour (est-ce que je gagne un toutou, quelque chose ?). L’ouverture d’esprit aussi.

2. La qualité que je préfère chez les autres :

J’hésite entre le respect et l’ouverture… Hmmm, pas facile. Les deux vont souvent de pair. Je vais donc y aller avec le sens de l’humour ! Ah tiens, non, la curiosité (Fiou ! Je m’en suis tiré avec quatre).

3. Mon principal défaut :

J’en ai aucun. OK, je suis peut-être un peu menteur. Sans blague, je dirais que je suis plutôt obstiné, tête de cochon, entêté (ça suffit là !).

5. Ma principale qualité :

Je les ai toutes mais, je l’ai dit, je suis un peu menteur. Sinon, je me donnerais exactement les mêmes qualités que j’apprécie chez les autres : l’ouverture, l’humour, la curiosité, le respect.

6. Mon occupation préférée :

Écrire. Partout. Sur mon blogue, dans un document Word, sur les murs des toilettes (mais non voyons !). J’ai aussi un faible pour la musique (à quoi je joue, ouh ouh, je joue de la guitare), le vélo, et j’adore divaguer sur le web.

7. Mon rêve de bonheur :

L’harmonie entre les hommes. Pour les femmes, c’est peine perdue (Haha ! Je viens de perdre tout mon public féminin !). Ouais, l’harmonie… ou vivre sur une île déserte entourée de centaines de jolies femmes, toutes plus folles de moi les unes que les autres, pour finalement mourir d’épuisement à 150 ans.

8. Quel serait mon plus grand malheur ?

Avoir des regrets. J’en ai déjà eu assez. Mourir maintenant ou vieillir trop vite. Perdre ma liberté.

9. À part moi-même, qui voudrais-je être ?

Personne d’autre. Je suis tout simplement magnifique et génial. Oui, oui, sans blague. Un peu tout croche dans ma magnificence. Comme tous vous autres. On l’est tous, magnifique et génial, chacun à notre façon. L’être humain est tellement une fabuleuse machine.

10. Le pays où j’aimerais vivre :

Au Québec. En tant que pays. Ça veut tout dire. Quoique je détesterais pas un endroit où l’hiver n’existe pas non plus. Je hais me les geler à moins quarante.

11. La couleur que je préfère :

Le noir, je sais pas pourquoi. Question d’humour peut-être?

12. La fleur que je préfère :

Les Fleurs du Mal. Sinon je sais pas, je ne suis pas très floral. Une chose est sûre, ça ne serait pas les fleurs du salon funéraire ! C’est que ça pue là-dedans !

13. L’oiseau que je préfère :

J’avoue avoir eu, plus jeune, un faible pour Tweety Bird, le serin de Hanna Barbera. J’aime quand les plus faibles gagnent. Ou les perroquets. Parce qu’ils répètent. Parce qu’ils répètent. Parce qu’ils répètent. Mais sûrement pas Uneeee cooooolombe est partiiiiie en voyage…

14. Mes auteurs favoris en prose :

Marie-Sissi Labrèche, Guillaume Vigneault, Nicolas Dickner, Michel Tremblay, Stéphane Bourguignon, Stéphane Dompierre, Patrick Brisebois, Fred Pellerin et une foule d’autres écrivains québécois. Je suis un fol allié (et amant) de la littérature d’ici. Beigbeder, Pennac, Benacquista, Palahniuk, Easton Ellis pour l’ailleurs.

15. Mes poètes préférés :

Danny Plourde, Shawn Cotton, Pierre Nepveu, Richard Desjardins et absolument, totalement, les Loco Locass. J’aime la poésie québécoise urbaine, sale, celle qui écorche, celle qui dérange mais aussi celle qui sait faire danser les mots.

16.  Mes héros et héroïnes de fiction :

J’aurais aimé être Merlin l’Enchanteur parce qu’il pouvait voyager dans le temps. J’aimerais aller visiter les siècles passés et à venir, question de tout voir, de tout savoir. Mais l’idée de m’incarner en un petit vieux sorcier avec une barbichette blanche ne me dit rien de bon. Ou le génie de la lampe d’Aladin. Complètement sauté ! Mais l’idée d’être enfermé me terrifie. Ou Albator, tiens ! Jeune rebelle indépendant, arborant une cicatrice au visage (il faisait tellement craquer mes amies de sexe féminin).

17. Mes musiciens ou chanteurs préférés :

Les groupes indépendants d’ici sont géniaux et extrêmement créatifs, mais j’aime particulièrement le groupe Karkwa. Le groupe anglais Radiohead a aussi changé ma façon d’écouter la musique.

19. Mes peintres ou sculpteurs préférés :

Van Gogh, pour ses couleurs, ses textures mais aussi pour sa folie.

20. Mes héros et héroïnes dans la vie contemporaine :

Le Dalaï-lama, l’étudiant de la Place Tiananmen et René Lévesque, pour toujours s’être tenu debout et pour son côté humain.

22. Mes héros et héroïnes dans l’histoire :

Mozart, Galilée et Léonard de Vinci

23. Ce que je déteste le plus :

L’étroitesse d’esprit (et ne plus avoir de café le matin ou manquer d’eau chaude dans la douche, ex-æquo).

24. Le personnage historique qui m’est le plus antipathique :

Hitler. Je lui aurais bien foutu un ou deux ou mille coups de pied au cul.

25. Le don de la nature que j’aimerais avoir :

L’immortalité, bien que la nature ne le soit pas. Mais on a le droit de rêver, non ? Sinon la transparence, question de pouvoir épier dans les vestiaires des filles…

(La photo de Patrick Dion est de Photosmax.)

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michelsamsonL’auteur Michel Samson dont les récits (Ombres sereines) sortiront en libraire la semaine prochaine, répond à une version abrégée et modifiée du questionnaire de Proust.

1. Le principal trait de mon caractère :

Le calme. On me dit «zen», mais c’est bien mal connaître ce qu’est le zen.

2. La qualité que je préfère chez les autres :

L’authenticité.

3. Mon principal défaut :

Reporter au lendemain. Heureusement, je travaille bien sous pression.

5. Ma principale qualité :

La simplicité. Rien à ajouter.

6. Mon occupation préférée :

Créer. Improviser une mélodie au shakuhachi, écrire, peindre, aménager un jardin, élaborer un nouveau plat… ce genre de choses.

7. Mon rêve de bonheur :

Ma vie actuelle. Pas de temps à perdre avec un passé hors d’atteinte ou un avenir qui n’existe pas ; seul l’instant présent compte.

8. Quel serait mon plus grand malheur ?

Perdre le goût d’apprendre.Nouvelle image (1)

9. À part moi-même, qui voudrais-je être ?

Je n’ai jamais cherché à être quelqu’un d’autre.

10. Le pays où j’aimerais vivre :

J’y vis déjà. Sinon, le Japon car je m’y sens comme chez moi.

11. La couleur que je préfère :

Le bleu, ciel et mer confondus.

12. La fleur que je préfère :

Le lotus qui émerge de la vase.

13. L’oiseau que je préfère :

Le colibri.

14. Mes auteurs favoris en prose :

Hubert Aquin, Faulkner, Tolkien, Lautréamont, Murasaki Shikibu, Kawabata et tant d’autres !

15. Mes poètes préférés :

Bashō Matsuo, Ryōkan, Mallarmé, Prévert…

16.  Mes héros et héroïnes de fiction :

Cyrano de Bergerac qui aime qu’on le haïsse, Jacques le Fataliste qui endort son maître, Madame de Merteuil si perfide qu’on l’adore, Ophélie… qui s’ophélise.

17. Mes musiciens ou chanteurs préférés :

Trop nombreux pour les énumérer tous et toutes. John Coltrane, Charlie Parker, Michael Breacker au sax en jazz.

19. Mes peintres ou sculpteurs préférés :

Trop nombreux. Rodin m’impressionne.

20. Mes héros et héroïnes dans la vie contemporaine :

Aung San Suu Kyi au Myanmar, Cô Don au Vietnam, qui défient toutes deux quotidiennement les systèmes autoritaires en place afin de redonner espoir aux démunis. J’apprécie les gens qui donnent sans rien demander en retour.

22. Mes héros et héroïnes dans l’histoire :

Les maîtres zen.

23. Ce que je déteste le plus :

Les manipulateurs. Ces gens pour qui tout est calculé, évalué en fonction d’avantages qu’ils croient pouvoir retirer. Tout leurs est bon, de la vile flatterie au coup de poignard dans le dos. Ils pullulent.

24. Le personnage historique qui m’est le plus antipathique :

Vlad Tepes Dracula dit l’Empaleur. Bram Stoker en fera son Dracula. Un digne ancêtre des époux Ceausescu.

25. Le don de la nature que j’aimerais avoir :

Je ne veux pas perdre de temps à désirer l’impossible.

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Hélène Bard…

posted by Alain Gagnon
août 15

bardAu cours des dernières semaines, je vous ai présenté nos auteurs de l’automne 2009, et leur ouvrage.

Une équipe de professionnels compétents a contribué à cette production, dont Hélène Bard, réviseure stylistique et linguistique.

Hélène est aussi une auteure de renom, membre de l’Union des écrivaines et écrivains québécois.

Originaire de Baie Saint-Paul, Hélène Bard a étudié à l’Université Laval où elle a obtenu un baccalauréat en littérature française et une maîtrise en création littéraire, qui lui a valu une mention d’excellence. Entreprenant ensuite des études doctorales, elle a décroché une bourse d’excellence de la Fondation de l’Université Laval où elle enseigne, actuellement, la création littéraire…. Après avoir abandonné le doctorat, Hélène Bard s’est consacrée à la révision linguistique. Elle a également œuvré plusieurs années auprès des artistes en arts visuels, notamment pour le compte de la Corporation du Centre d’art de Baie-Saint-Paul.

Son premier roman, La Portée du printemps, est paru aux Éditions des Intouchables, en 2001. Puis suivront, à la même maison, Les mécomptes en 2002 ; et Hystero, en 2007, au Marchand de feuilles.[1]

Au cours des derniers mois, Hélène a réalisé une synthèse des principales difficultés rencontrées par les écrivains en cours de rédaction.  Nous vous en offrirons des extraits sur ce blogue : ils seront utiles à tous.


[1] Renseignements tirés de L’île, l’infocentre littéraire des écrivains québécois.


août 10

Frédéric1Un œil le regardait.  Ce n’était pourtant pas un œil, mais la pleine lune, globe fascinant à jamais dans la nuit, blanc par le même artifice qui avait exprimé blanche sa propre cervelle, blanc comme leurs corps plongés dans la pénombre marine tandis que les vaguelettes s’éteignaient contre la coque, doux clapotis s’entremêlant à leurs plaintes d’animaux haletants ; de doux clapotis comme des tintements vides et blancs, sons creux et arrondis qui s’élevaient dans sa tête comme des bulles de champagne dont les surfaces iridescentes montraient les visages de tous ceux qui avaient conspiré sa damnation.

Il déambulait dans Saint-Paul, obombré par les murs de pierre qui découpaient dans la nuit naissante une nuit plus obscure, seul havre pour sa honte, son humiliation, la noirceur enfin retrouvée qu’éblouissait  la lumière fatale des bars, des restaurants et des cafés.

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J’avais longtemps rêvé d’un amour sublime, d’un absolu de l’âme et de la chair dans lequel me perdre totalement pour renaître en homme d’une volonté claire, puissante et pondérée. Dans ce visage, je découvrais le tourment que malgré moi j’avais souhaité, un supplice équivoque résumant les voluptés du ciel et de l’enfer. Je ne crois pourtant pas avoir été masochiste ; mais je souffrais d’angoisses qui tenaient à l’imprécision caractérisée de mon être, ou, plus exactement, à l’imprécision de mon regard sur moi-même. La Femme m’attirait donc comme une puissance sacrée, une force qui briserait les mouvements désordonnés de mon humeur.

……………….

J’ai aimé Monique comme on aime une sœur, une enfant, mais il y avait, au principe de mon admiration, l’émerveillement devant une figure tragique qui recherchait dans des formes inconsistantes le véhicule nécessaire à sa révélation.

La vie avec Monique fut une sorte d’initiation, une cristallisation de la douleur qui annonçait des horizons nouveaux, comme l’oiseau désorienté de terres inconnues. Monique m’enseigna le caractère hiératique de certaines caresses, à lire dans certaines caresses la fascination d’un esprit en quête d’une singulière mais universelle vérité.

Une veine noire irriguait notre amour, mais j’en acceptais la souffrance, l’intensité de nos rapports amoureux me faisant perdre, parfois, jusqu’à la notion de ce Moi empirique, velléitaire et sordide.

Longtemps, j’avais aspiré à la révélation de forces primitives et intactes. Marcher sur la frontière qui sépare les animaux des dieux, risquer sa peau dans l’intériorisation de l’orgasme ; au creuset du souffle de la femme, s’anéantir dans la transmutation de son propre souffle ; prendre enfin sa place parmi des divinités de Lumière et de Beauté.

……………..

On dit le temps irréversible, mais comme toujours l’opinion générale n’est que partiellement vraie.  Il n’est peut-être pas possible de changer la matière d’expériences révolues, mais on peut certainement en changer la signification.  L’essentiel, c’est la conception qu’on a du temps.  Y voir une suite linéaire nous condamne à vivre sous la loi du péché ; mais le temps est une sphère, et les événements sont des coordonnées interdépendantes.  La forme que tu donnes au présent engendre non seulement celle de l’avenir, mais elle décide même de celle du passé.  Tu comprends?

Gerry me jauge du regard, sans doute plus ou moins rassuré sur mon compte ; puis il dit :

– Quand tu te mets à faire de la métaphysique, moi, je ne te suis plus ; parce que je n’ai pas en moi de cette métaphysique-là ; il n’y a que ma douleur en moi, et une laideur qu’on ne devrait pas avoir à supporter.

Il me dévisage, les lèvres tremblantes ; il s’accroche à mes épaules et pleure contre moi.  Et je regarde le fleuve, et je pense à tout ce qu’il nous reste à vivre, et je me dis qu’heureusement nous en avons encore beaucoup à apprendre.

– Ce n’est rien, lui dis-je, ce n’est rien.  Tant qu’il y aura des cailloux pour faire des cercles sur l’eau…

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août 6

Frédéric1

LE LIVRE :

« Chacun de nous avait perdu l’autre dans un jeu qui pourtant, à ses débuts, comportait une grandeur et un amour véritables, comme celui d’un couple divin qui dans ses ébats recrée sans fin le cosmos.  Monique, comme toute femme qui possède d’instinct l’art d’aimer, plus que mon corps avait embrassé mes rêves, et c’est d’eux qu’elle tirait un charme dont la force me paraissait irrésistible.  Mais à la source opiacée de ma chair et de mon sang s’entremêlait un philtre désenchanteur qui nourrirait ses pulsions crépusculaires… »

Gabriel est un jeune artiste qui voudrait, grâce aux affaires, se tailler une place enviable dans le monde.  Et pourtant le hante la nostalgie d’un absolu dont il croit découvrir la trace dans sa relation avec Monique.

Monique représente tout à la fois la plénitude et la perte, la vérité et le mensonge.  C’est une femme fascinante que poursuit le souvenir de sa mère assassinée.

Gerry, demi-frère de Monique, ne s’embarrasse pas de scrupules.  Saura-t-il entraîner Gabriel dans une chute définitive ?

Histoire d’amour,  intrigue politique, quête métaphysique, Nirvana Blues est le roman d’une initiation aux sommets et aux gouffres de l’expérience humaine.  Dans une première œuvre remarquable, Le Fil de fer, Frédéric Gagnon avait déjà interrogé les limites bouleversantes de la condition humaine.  Voici qu’il nous livre un récit qui ose explorer des profondeurs dont les êtres humains, généralement, préfèrent se prémunir : celles de l’érotisme, de la spiritualité et du destin.

S’il met en scène des êtres tourmentés, l’auteur n’en admet pas moins la possible transfiguration de l’homme.  Chose certaine, vous tenez un livre qui touchera tous ceux qui ont aspiré aux passions du cœur  et au dépassement de leur condition.

L’AUTEUR

Originaire du Saguenay, Frédéric Gagnon nous offre un second roman qui ne laissera personne indifférent.  Fin observateur, cet auteur sait exprimer avec justesse la vie de ses personnages.

Frédéric Gagnon a vécu à Chicoutimi, Québec, Kingston.  Il habite aujourd’hui Montréal.  Il a étudié en de nombreux domaines (philosophie, droit, littérature, bibliothéconomie) et a déjà travaillé comme rédacteur/correcteur.  À travers toutes ses expériences, Frédéric Gagnon n’avait qu’un souci : connaître la vie, la vie réelle, afin d’écrire un jour des textes qui tout en étant des fictions témoignent de la vérité intérieure des êtres.

Parmi ses influences, on compte certains films, Taxi Driver de Scorsese, Lost Higway de David Lynch, Persona et L’heure du loup de Bergman,  Alphaville de Godard.  En littérature, la poésie de Baudelaire, de Vanier, L’Odyssée d’Homère, les romans de Jünger, d’Hubert Aquin, L’Élan d’Amérique de Langevin, Le Bruit et la Fureur de Faulkner… l’ont marqué.

Frédéric Gagnon écrit depuis l’enfance.  C’est là sa façon d’exister plus fortement.  L’écriture d’un roman, croit-il, est une rencontre avec la part de mystère qui nous habite, cette part que le plus souvent nous ignorons et qui pourtant décide souvent de notre destin.

  • Un livre qui touchera ceux qui aspirent au dépassement de leur condition…
  • Un récit qui explore les profondeurs de l’humain, de l’érotisme, de la spiritualité, du destin…
  • Dans un style impétueux, qui fait de l’auteur un des maîtres de la langue…

Déjà publié

Chez CRAM : L’inoubliable : Fil de fer, roman, 2008.

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Cette histoire a débuté au bureau. À cause de la grosse fille.

J’ai toujours mal filé au travers du monde. Dans la rue, je cours presque, yeux baissés, pour que surtout on ne me drague pas. J’achète par catalogue ; je me méfie des nouveaux venus au bureau ; du chauffeur de taxi qui louche ; du livreur qui avance plus loin que le pas de la porte ; de mon voisin avec ses lunettes comme des loupes. J’ai peur de moi, des gestes possibles ; des hommes et du désordre ; surtout du noir. Certaines nuits, je ne dors pas à cause du feu qui peut prendre ou de la terre qui risque de trembler. Mes peurs m’accompagnent depuis toujours, d’aussi loin que je me souvienne.

Au début, je les contrôlais. Elles ont fini par être partout. Personne ne semblait l’avoir remarqué jusqu’à cet incident : c’était le matin, l’homme chauve du comité social a proposé la cabane à sucre.

― Je ne peux pas, me suis-je empressée de répondre. (…)

……………………………..

Bessi…  Beque…

(…) Je te souris. Nos buées se mêlent l’une à l’autre et je sonde ton regard. Matraque-les, tes idées noires, enferme-les, enterre-les une fois pour toutes, que je me dis. Viens. On a un arbre de Noël à aller chercher.

Tu repars derrière moi. Je m’en assure de plus en plus maintenant que le soleil descend. J’ai pas envie que tu t’arrêtes à mon insu parce que tes peurs t’auront harponné. Quand ça s’assombrit dehors, dans ta tête aussi, ça s’assombrit. Le seul moyen de tenir tes peurs à distance, c’est de te parler. Tu sais, j’inventerai des mots, s’il faut.

Je t’entends respirer. T’as de la misère à suivre, tu mets une telle application à marcher dans mes traces. (…)


Parenthèse

(…) Tu l’aurais vu atteindre le sommet, seul ; tu l’aurais vu s’écrouler, se replier sur lui, pas certain d’avoir raison d’être là, qu’il y a moins à craindre de la mort que de la vie. En bas, tu te serais écroulée, pas convaincue que tu n’as plus rien à faire, que t’as envie de respecter son désir de mourir. La tour de votre adolescence vous aurait isolés l’un de l’autre, une nuit d’été, au début de votre vie d’adulte.

Si t’avais pu y être, tu l’aurais vu éventrer son sac à dos et en extirper trois grosses bières. Il les aurait posées l’une derrière l’autre, préoccupé qu’elles tracent une ligne droite entre ses deux jambes écartées. Il les aurait fixées, aurait décidé que sa vie allait s’éteindre après le contenu de la dernière. Il les aurait bues sans t’en offrir. En bas, tu te serais agrippée à deux mains, à deux pieds, à un arbre plus solide que toi. T’aurais prié pour qu’il en arrive moins vite à la dernière, qu’il regarde les lumières de la ville longuement, qu’il s’égare dans ses souvenirs, et qui sait, peut-être même change d’idée.

Si t’avais pu y être, la nuit d’encre t’aurait empêchée de le voir lancer par-dessus la rampe la dernière bouteille, vide. Tu l’aurais entendue éclater sur le sol. Elle serait tombée tout près. Quelques morceaux de verre auraient volé jusqu’à toi, se seraient accrochés à tes chaussures et à tes bas. Ta vue se serait troublée, tu te serais assise sur le sol. Tes bras auraient emprisonné tes jambes ; ton menton se serait niché dans le creux de tes genoux. Tu serais demeurée à bercer ton corps et à pleurer. T’aurais compris qu’il avait jeté la bouteille par-dessus bord pour calculer le temps qu’elle allait prendre avant de rencontrer le foin en bas, sa chute amortie par lui. Tu te serais dit que sa chute à lui ne serait amortie par rien.

Si t’avais pu y être, t’aurais su qu’il attendait que la lune se transforme en vaisseau. Tu te serais dit qu’il a trop lu d’histoires de loups-garous, visionné trop de films qui font peur. T’aurais continué de pleurer, comme lui en haut. Comme lui, t’aurais pensé qu’il y a plein d’injustices sur terre. T’aurais eu envie de hurler pour que l’Univers apprenne qu’il existe, hurlé dans l’espoir qu’un superhéros t’entende, fasse quelque chose. (…)

  • Des récits sobres (24) par leur forme, mais d’une extravagance vivifiante de par leurs personnages et situations.
  • Elle décrit un monde où nous pourrions tous basculer tant il est familièrement anormal…
  • Un auteur qui écrit par nécessité, avec la calme assurance du marin qui murmure ses confidences à la buvette à matelot.
  • Lire Dany T., c’est se dépayser et partager un univers neuf.
  • Satie, cool jazz ; sobriété dans le délire

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