Tombé bien jeune dans la marmite littéraire (la maison paternelle regorgeait de livres,
dont aucun qui ne fût à l’index), Pierre Lavigne découvre, à l’adolescence — après une courte mais intense période Bob Morane — le pouvoir troublant des mots à travers Dostoïevski, Simenon, Del Castillo et Carco. C’est la révélation.
Dès lors il étudie un peu, mais surtout il occupe, à un moment ou l’autre de sa vie, différents métiers du livre : libraire, réviseur-correcteur pour différentes maisons, lecteur de manuscrits, gestionnaire, directeur général d’une maison de distribution d’ouvrages universitaires, imprimeur, représentant.
Édition savante, scolaire, jeunesse, littéraire, populaire, les multiples formes et fonctions que prennent les livres le séduisent et le fascinent.
C’est en 2000 que le bonheur professionnel se présente à lui sous la forme d’une maison d’édition ; avec Guillaume Lavigne, un bon ami, il achète les Éditions du CRAM (qui comptait alors huit titres au catalogue, tous en psycho), déterminé à lui donner une vocation de maison de littérature générale. En parallèle, il fonde les Éditions Porte-Bonheur, consacrées à la publication de romans destinés à un jeune public. Ce qui l’anime le plus, outre le plaisir d’amener un texte dans ses formes finales avec un auteur, de lui donner une vie propre et de voir jaillir le produit fini, c’est de découvrir une voix forte, puissante, originale et bouleversante, qui se terrait dans les tiroirs anonymes d’un écrivain jusqu’alors tout aussi anonyme, et de la partager.
Cent-vingt titres plus tard, une autre belle rencontre professionnelle se manifeste dans la vie de Pierre Lavigne : Alain Gagnon. Alors que le premier cherche à dynamiser le secteur littéraire de sa maison, le dernier a senti monter en lui le désir de s’impliquer dans une nouvelle carrière d’éditeur. Rencontre providentielle de « frères cosmiques », dont sont issues — tout naturellement — les Éditions de la Grenouille bleue.
Il a deux grands enfants qui volent de leurs ailes à Montréal ; il vit à Trois-Rivières auprès de la femme de sa vie — à la fois muse et amoureuse —, Sophie, et de Whippet, leur chat vieux, obèse et assez sénile pour qu’on lui pardonne tout.
Il aime la mer, le polar, le crabe, les jujubes et les livres anciens.
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