En aout dernier, Pascale Bourassa publiait le Puits, aux Édition de la Grenouille Bleue.
Marie-Julie Gagnon l’a interviewée pour le magazine Clin d’œil. Nous reproduisons en partie cette entrevue et le commentaire de la journaliste.

Pedigree : «J’ai fait une maîtrise en création littéraire à l’UQAM. Après avoir déménagé en Alberta, j’ai étudié pendant deux ans à la Faculté Saint-Jean, à Edmonton pour obtenir mon brevet d’enseignement. Je suis professeure à la première année en immersion française.»
Pourquoi écris-tu ? : «J’écris pour le plaisir. J’aime m’enfermer dans une petite pièce et inventer une vie à mes personnages. C’est comme vivre à travers ses fantasmes ou vivre un rêve éveillé.»
Pourquoi as-tu choisi le roman historique ? : «Mon roman n’est pas vraiment historique, car il ne relate pas des faits de l’histoire. Je le qualifierais plutôt de roman psychologique, car la trame repose sur les impressions et les émotions des personnages.»
Alors, pourquoi avoir choisi une histoire qui se déroule au siècle passé ? : «Je ne sais pas. On dirait que cela allait de soi en raison de l’histoire que je voulais raconter avec mes personnages. Je crois que mes personnages n’auraient pas pu naître à une autre époque…»
Qui sont tes auteurs favoris ? : «Parmi les auteurs québécois, j’aime beaucoup Anne Hébert, qui a un style d’écriture admirable. J’apprécie aussi Gabrielle Roy, qui sait si bien raconter la quotidienneté. Chez les auteurs à l’étranger, j’adore John Irving ; son monde imaginaire et coloré me fascine. J’aime aussi les auteurs anglais notamment Marguerite Atwood et Joyce Carol Oates, qui savent si bien dépeindre les émotions de leurs personnages. Parmi les classiques, j’aime Milan Kundera, Victor Hugo et Marguerite Duras. Je pourrais en nommer bien d’autres…»
Comment décrirais-tu ton style ? : «J’ai une écriture « automatique »: je m’assois à mon bureau sans avoir d’idée en tête et j’écris ce qui me vient, tout simplement. Mon style tend vers le poétique et brise un peu les règles de la syntaxe; c’est comme une litanie où les points sont quasi inexistants.»
As-tu un rituel d’écriture ? : «J’écris mon premier jet à la main. Je trouve que l’écriture coule plus facilement en suivant un rythme. Ensuite, je retranscris mes quelques pages à l’ordinateur. Je relis le tout en arrangeant les phrases et en corrigeant les fautes. N’essayez pas de lire mon brouillon : j’ai moi-même de la difficulté à me relire. Je n’écris pas assez vite pour toutes les idées qui surgissent.»
Pourquoi sortir un premier livre maintenant ? : «J’écris depuis que je suis toute petite, mais je n’avais jamais achevé quelque chose qui avait assez d’envergure pour être publié. Je me suis rendu compte qu’il faut énormément de persévérance pour écrire un roman.»
De quelle phrase du livre es-tu le plus fière ? : «Je crois que ce sont celles qui sont en italique dans le livre, car je me laisse vraiment aller dans cette écriture, je trouve que ce sont des parties vraiment poétiques.»
Qu’est-ce qui t’inspire ? : «J’aime m’inspirer des caractères et des comportements des personnes. Je m’inspire surtout des situations hors normes, par exemple quand quelqu’un réagit d’une manière interdite ou en dehors des normes de la société.»
Qu’est-ce que ça te fait de tenir ton premier roman dans tes mains ? : «C’est extraordinaire, mais j’ai aussi dû faire mon deuil, car j’ai perdu une partie de moi que j’ai partagée avec tout le monde: une partie de moi qui sera peut-être vilipendée par les critiques… ou qui sera jugée d’une manière ou d’une autre. C’est un peu soi-même qui est jugé.»
Pourquoi devrait-on acheter ton bouquin ? : «Pourquoi pas? Pour encourager une nouvelle auteure, pour lire une bonne histoire, pour le plaisir… Je ne suis pas vendeuse du tout!»
Quel est ton rêve d’auteure ? : «Continuer à écrire, à avoir du plaisir, à être publiée et à être lue.»
Critique :
J’ai commencé la lecture à reculons, n’étant pas particulièrement enthousiaste à l’idée de me plonger dans un récit se déroulant au début du XXe
siècle, en milieu rural. Au bout de quelques pages, j’ai dû me rendre à l’évidence : j’étais complètement absorbée par l’histoire d’Albertine et d’Angélique, deux soeurs à l’esprit libre, et fascinée par la capacité de l’auteure à se mettre dans la peau de chacun de ses personnages. Le désir, le refoulement, la frustration: les émotions sont omniprésentes, intenses et étouffantes. La force du récit repose d’ailleurs sur ces émotions qui surgissent au détour d’une description: «Il avait le dos nu, bronzé, il avait les épaules musclées, de petites gouttes de sueur sur le dos, qui semblaient de petites perles de pluie ou des larmes qui coulaient sur le dos, un dos nu qui pleurait, un dos triste qu’on aurait voulu caresser.» Un récit d’une grande profondeur, brillant et fichtrement bien ficelé, qu’on porte en soi un bon moment une fois la lecture terminée.




Version abrégée et modifiée du questionnaire de Proust 

« Nouvellement arrivée dans le monde de l’édition québécoise, la Grenouille Bleue compte se tailler une place bien à elle. » Voilà le titre qui coiffait l’article de ]ulie Côté, rédactrice culturelle à l’hebdomadaire francophone Le Délit de l’université McGill.
Guillaume P. Lavigne est bachelier en administration des affaires de l’UQÀM. De plus, il a suivi avec succès une formation professionnelle en relation d’aide psychologique et plusieurs formations spécialisées, notamment en gestion générale, en gestion financière et en gestion immobilière. Il a contribué au succès de plusieurs entreprises et de fondations en siégeant de façon efficace à leur conseil d’administration. Son expérience des affaires s’étale sur une vingtaine d’années. Il dirige avec brio plusieurs holdings et fiducies, une maison d’édition, deux centres de formation spécialisée ainsi qu’un regroupement de gestion immobilière.
Maniérisme le Diable de Kim Doré) Les versets du pluriel d’Alain Gagnon, ouvrage paru aux éditions Triptyque en septembre 2008. C’est la troisième fois que ce poète, directeur littéraire de la Grenouille bleue, remporte le Prix Poésie du Salon du livre. En 2004, il le remportait pour son recueil de poèmes Ces oiseaux de mémoire (Loup de Gouttière), en 2006, pour L’espace de la musique (Triptyque) et en 2009 pour Les versets du pluriel (Triptyque). À deux reprises, il a aussi remporté le Prix fiction-roman de ce même Salon, soit en 1996 et en 1998, pour ses ouvrages Sud et Thomas K, tous deux publiés à la Pleine Lune.
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