Archive for the ‘Frédéric Gagnon’ Category


Frédéric1Version abrégée et modifiée du questionnaire de Proust

1. Le principal trait de mon caractère :

Tenace.

2. La qualité que je préfère chez les autres :

La délicatesse.

3. Mon principal défaut :

Je réponds aux questionnaires.

5. Ma principale qualité :

La patience.

6. Mon occupation préférée :

Rêver.

7. Mon rêve de bonheur :

Rêver mieux.

8. Quel serait mon plus grand malheur ?

Perdre tout contrôle sur ma propre existence.

9. À part moi-même, qui voudrais-je être ?

Celui que je serai peut-être.

10. Le pays où j’aimerais vivre :

Celui où je ne serais pas étranger.

11. La couleur que je préfère :

C’est la qualité de la lumière qui décide de celle d’une couleur.

12. La fleur que je préfère :

La fleur d’immortalité.

13. L’oiseau que je préfère :

L’outarde.

14. Mes auteurs favoris en prose :

Lawrence Durrell (j’ai lu avec bonheur Le quatuor d’Alexandrie.  Cette lecture, comme celle du manuscrit de Sanctuary, fut l’occasion de réflexions sur le temps).  Hubert Aquin (j’ai lu Prochain épisode à 13 ans et ne m’en suis jamais remis).  William Faulkner (spécialement Le bruit et la fureur et Lumière d’août).  Drieu La Rochelle (une influence majeure durant l’adolescence).  Philip K. Dick (je ne l’avais pas lu quand j’ai écrit la première version de Nirvana blues. Je suis aujourd’hui persuadé que certaines de ses œuvres sont parmi les plus importantes du vingtième siècle – spécialement Siva).  Jack Kerouac (comment ne pas aimer Jack que j’ai découvert vers l’âge de quinze ans).  John Fante (découvert à l’hiver 2008, longtemps après avoir écrit Nirvana blues, grâce à Nicolas Bednarz).  Il y a également un roman américain récent, d’une beauté bouleversante, que j’ai découvert à l’été 2008, Northline de Willy Vlautin.

15. Mes poètes préférés :

Homère.  Baudelaire.  Rimbaud et Verlaine, que j’ai beaucoup lus durant l’adolescence et que, je l’avoue, j’ai beaucoup oubliés.  Lautréamont. Nietzsche.  Tous ceux qui ont lu le Zarathoustra savent que Nietzsche était un immense poète.  J’aimerais bien pouvoir le lire dans sa langue, tout comme Hölderlin.  Il y a aussi Denis Vanier que j’ai découvert longtemps après avoir écrit Nirvana blues.  C’est un poète (hélas trop tôt disparu) que je lis depuis deux ans avec beaucoup de sympathie.

16.  Mes héros et héroïnes de fiction :

Œdipe. Ulysse.  Hamlet.  Perceval.  Quentin Compson (dans Le bruit et la fureur de Faulkner).  Caddy (toujours dans Le bruit et la fureur). Christine (dans L’antiphonaire d’Hubert Aquin).  Travis Bickel (dans le film Taxi driver de Scorsese, film que je n’avais pas vu quand j’ai conçu Nirvana blues mais qui marqua le reste de ma vie).  Justine (celle de Durrell). Le narrateur de Prochain Épisode.  Dirk Raspe (personnage des Mémoires de Dirk Raspe de Drieu La Rochelle).  Horselover Fat (dans Siva de Philip K.Dick).  Arturo Bandini (personnage de Fante).

17. Mes musiciens ou chanteurs préférés :

Mozart.  Beethoven.  Verdi.  Vivaldi.  Jean-Sébastien Bach.  Les Psycho Riders et les Doors.

19. Mes peintres ou sculpteurs préférés :Nouvelle image (1)

Botticelli.  Riopelle.  Van Gogh.

20. Mes héros et héroïnes dans la vie contemporaine :

Ceux qui voient le monde autrement et persévèrent.

22. Mes héros et héroïnes dans l’histoire :

Même réponse qu’à la dernière question.

23. Ce que je déteste le plus :

Les gens qui n’ont pas de tact.

24. Le personnage historique qui m’est le plus antipathique :

Pierre Elliott Trudeau.

25. Le don de la nature que j’aimerais avoir :

Pourquoi n’en désirer qu’un seul ?

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août 10

Frédéric1Un œil le regardait.  Ce n’était pourtant pas un œil, mais la pleine lune, globe fascinant à jamais dans la nuit, blanc par le même artifice qui avait exprimé blanche sa propre cervelle, blanc comme leurs corps plongés dans la pénombre marine tandis que les vaguelettes s’éteignaient contre la coque, doux clapotis s’entremêlant à leurs plaintes d’animaux haletants ; de doux clapotis comme des tintements vides et blancs, sons creux et arrondis qui s’élevaient dans sa tête comme des bulles de champagne dont les surfaces iridescentes montraient les visages de tous ceux qui avaient conspiré sa damnation.

Il déambulait dans Saint-Paul, obombré par les murs de pierre qui découpaient dans la nuit naissante une nuit plus obscure, seul havre pour sa honte, son humiliation, la noirceur enfin retrouvée qu’éblouissait  la lumière fatale des bars, des restaurants et des cafés.

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J’avais longtemps rêvé d’un amour sublime, d’un absolu de l’âme et de la chair dans lequel me perdre totalement pour renaître en homme d’une volonté claire, puissante et pondérée. Dans ce visage, je découvrais le tourment que malgré moi j’avais souhaité, un supplice équivoque résumant les voluptés du ciel et de l’enfer. Je ne crois pourtant pas avoir été masochiste ; mais je souffrais d’angoisses qui tenaient à l’imprécision caractérisée de mon être, ou, plus exactement, à l’imprécision de mon regard sur moi-même. La Femme m’attirait donc comme une puissance sacrée, une force qui briserait les mouvements désordonnés de mon humeur.

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J’ai aimé Monique comme on aime une sœur, une enfant, mais il y avait, au principe de mon admiration, l’émerveillement devant une figure tragique qui recherchait dans des formes inconsistantes le véhicule nécessaire à sa révélation.

La vie avec Monique fut une sorte d’initiation, une cristallisation de la douleur qui annonçait des horizons nouveaux, comme l’oiseau désorienté de terres inconnues. Monique m’enseigna le caractère hiératique de certaines caresses, à lire dans certaines caresses la fascination d’un esprit en quête d’une singulière mais universelle vérité.

Une veine noire irriguait notre amour, mais j’en acceptais la souffrance, l’intensité de nos rapports amoureux me faisant perdre, parfois, jusqu’à la notion de ce Moi empirique, velléitaire et sordide.

Longtemps, j’avais aspiré à la révélation de forces primitives et intactes. Marcher sur la frontière qui sépare les animaux des dieux, risquer sa peau dans l’intériorisation de l’orgasme ; au creuset du souffle de la femme, s’anéantir dans la transmutation de son propre souffle ; prendre enfin sa place parmi des divinités de Lumière et de Beauté.

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On dit le temps irréversible, mais comme toujours l’opinion générale n’est que partiellement vraie.  Il n’est peut-être pas possible de changer la matière d’expériences révolues, mais on peut certainement en changer la signification.  L’essentiel, c’est la conception qu’on a du temps.  Y voir une suite linéaire nous condamne à vivre sous la loi du péché ; mais le temps est une sphère, et les événements sont des coordonnées interdépendantes.  La forme que tu donnes au présent engendre non seulement celle de l’avenir, mais elle décide même de celle du passé.  Tu comprends?

Gerry me jauge du regard, sans doute plus ou moins rassuré sur mon compte ; puis il dit :

– Quand tu te mets à faire de la métaphysique, moi, je ne te suis plus ; parce que je n’ai pas en moi de cette métaphysique-là ; il n’y a que ma douleur en moi, et une laideur qu’on ne devrait pas avoir à supporter.

Il me dévisage, les lèvres tremblantes ; il s’accroche à mes épaules et pleure contre moi.  Et je regarde le fleuve, et je pense à tout ce qu’il nous reste à vivre, et je me dis qu’heureusement nous en avons encore beaucoup à apprendre.

– Ce n’est rien, lui dis-je, ce n’est rien.  Tant qu’il y aura des cailloux pour faire des cercles sur l’eau…

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août 6

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LE LIVRE :

« Chacun de nous avait perdu l’autre dans un jeu qui pourtant, à ses débuts, comportait une grandeur et un amour véritables, comme celui d’un couple divin qui dans ses ébats recrée sans fin le cosmos.  Monique, comme toute femme qui possède d’instinct l’art d’aimer, plus que mon corps avait embrassé mes rêves, et c’est d’eux qu’elle tirait un charme dont la force me paraissait irrésistible.  Mais à la source opiacée de ma chair et de mon sang s’entremêlait un philtre désenchanteur qui nourrirait ses pulsions crépusculaires… »

Gabriel est un jeune artiste qui voudrait, grâce aux affaires, se tailler une place enviable dans le monde.  Et pourtant le hante la nostalgie d’un absolu dont il croit découvrir la trace dans sa relation avec Monique.

Monique représente tout à la fois la plénitude et la perte, la vérité et le mensonge.  C’est une femme fascinante que poursuit le souvenir de sa mère assassinée.

Gerry, demi-frère de Monique, ne s’embarrasse pas de scrupules.  Saura-t-il entraîner Gabriel dans une chute définitive ?

Histoire d’amour,  intrigue politique, quête métaphysique, Nirvana Blues est le roman d’une initiation aux sommets et aux gouffres de l’expérience humaine.  Dans une première œuvre remarquable, Le Fil de fer, Frédéric Gagnon avait déjà interrogé les limites bouleversantes de la condition humaine.  Voici qu’il nous livre un récit qui ose explorer des profondeurs dont les êtres humains, généralement, préfèrent se prémunir : celles de l’érotisme, de la spiritualité et du destin.

S’il met en scène des êtres tourmentés, l’auteur n’en admet pas moins la possible transfiguration de l’homme.  Chose certaine, vous tenez un livre qui touchera tous ceux qui ont aspiré aux passions du cœur  et au dépassement de leur condition.

L’AUTEUR

Originaire du Saguenay, Frédéric Gagnon nous offre un second roman qui ne laissera personne indifférent.  Fin observateur, cet auteur sait exprimer avec justesse la vie de ses personnages.

Frédéric Gagnon a vécu à Chicoutimi, Québec, Kingston.  Il habite aujourd’hui Montréal.  Il a étudié en de nombreux domaines (philosophie, droit, littérature, bibliothéconomie) et a déjà travaillé comme rédacteur/correcteur.  À travers toutes ses expériences, Frédéric Gagnon n’avait qu’un souci : connaître la vie, la vie réelle, afin d’écrire un jour des textes qui tout en étant des fictions témoignent de la vérité intérieure des êtres.

Parmi ses influences, on compte certains films, Taxi Driver de Scorsese, Lost Higway de David Lynch, Persona et L’heure du loup de Bergman,  Alphaville de Godard.  En littérature, la poésie de Baudelaire, de Vanier, L’Odyssée d’Homère, les romans de Jünger, d’Hubert Aquin, L’Élan d’Amérique de Langevin, Le Bruit et la Fureur de Faulkner… l’ont marqué.

Frédéric Gagnon écrit depuis l’enfance.  C’est là sa façon d’exister plus fortement.  L’écriture d’un roman, croit-il, est une rencontre avec la part de mystère qui nous habite, cette part que le plus souvent nous ignorons et qui pourtant décide souvent de notre destin.

  • Un livre qui touchera ceux qui aspirent au dépassement de leur condition…
  • Un récit qui explore les profondeurs de l’humain, de l’érotisme, de la spiritualité, du destin…
  • Dans un style impétueux, qui fait de l’auteur un des maîtres de la langue…

Déjà publié

Chez CRAM : L’inoubliable : Fil de fer, roman, 2008.

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