2009 tire a sa fin. Elle fut pour les Éditions de la grenouille bleue une année de naissance. 2010 nous promet de nouveaux ouvrages et de nouveaux auteurs, dont François Vadeboncœur qui nous offre ce roman : Maria De Colores.
François Vadeboncœur
François Vadeboncœur est né à Trois-Rivières, ville d’histoire et de culture, au confluent du Saint-Maurice et du Saint-Laurent. Détenteur d’un baccalauréat en pédagogie de l’université Laval et d’un brevet en enseignement du français au niveau secondaire, il quitte le monde scolaire après deux années d’exercice et opte pour une carrière à titre de conseiller en sécurité financière. Au fil des ans, ce sont les Jean de La Fontaine, Hugo, Pagnol, Daudet, Marie Noël, Nelligan, Leclerc, Gabrielle Roy et autres auteurs de renom, qui meubleront ses heures de lecture. L’écrivain qui sommeille en lui s’exerce à l’écriture dès que ses activités professionnelles et familiales le lui permettent, et ce depuis sa prime jeunesse : poésie, nouvelles, essais, romans, chansons, récits, légendes et contes divers. Vadeboncœur est à découvrir comme on découvre un vin affiné par les ans. Une voix nouvelle, originale dans notre paysage littéraire.
Le roman :
Ce roman décrit l’irruption de la lumière vive et ses conséquences dans une vie obscure, dans un quotidien que le mot banal n’arrive pas à décrire.
Maria, une jeune femme aveugle, vit un deuil profond. Comme un abandon. Un terrible accident. Son père est mort, son frère est mort, sa mère aussi. Ou presque. Pendant une intervention chirurgicale, à la suite de cet événement, elle vivra une expérience de lumière. Puis, la voilà contrainte de quitter la résidence familiale pour emménager dans un immeuble d’habitation insonorisé et tout en béton du centre-ville.
Depuis, Maria a pour désennui la fréquentation quasi quotidienne du McDo d’en face où elle tente de noyer sa solitude dans celles des autres, café après café. Plein de monde, plein d’odeurs, plein de petits bonheurs qui s’effritent là-dedans : des vieux, des moins vieux, des papas, des mamans, et toute une ribambelle d’obèses en devenir qui quémandent leur chausson aux pommes chaud.
Mais un souvenir soutient l’espoir de Maria : dans les minutes qui ont suivi l’accident, elle a vu… Comme un don, une destinée. Plein de lumière, de couleurs là-dedans !
Extraits :
« Cette chaleur nébuleuse m’est plus que douce, heureuse. Une idée. Une seule. M’y fondre. M’y dissoudre. Il fait si bon être ici. Tout est lumière. Blanche lumière. Immaculée. Comme neige. C’est beau la neige, papa ?
— Oui. (…) »
« Dans cette lumière où je me trouve, et où il fait si bon, je les aperçois distinctement, sans être aveuglée. Comme ça. Comme un don. Une béatitude.
« Une voix, une voix que je ne connais pas, murmure à mon oreille. On dirait qu’elle vient de la lumière. Quand elle s’est révélée, et qu’elle s’est adressée à moi, je ne me rendais pas compte de ce qui se passait, mais là, j’en suis certaine, la lumière est parole. Non, cette voix est lumière. »
Commentaires :
Un roman original par les thèmes qu’il exploite. Un style sans fard, épuré, qui coule comme une source d’eau fraîche au milieu d’un quartier urbain. Un livre d’une grande simplicité qui étonne, émerveille, nourrit, parle au cœur. Une histoire qui captive, retient le lecteur. Une fin pleine d’espoir, de lumière et de couleurs. Pour Maria et pour nous.

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